La Dracénie Provence Verdon agglomération a réuni 130 professionnels du tourisme au Château des Preyres au Muy pour lancer la saison 2026. L’objectif affiché est clair : dépasser les 7,77 millions de nuitées enregistrées en 2025 et franchir le cap des 2 millions d’euros de taxe de séjour collectée. Pour les propriétaires de locations courtes durées dans l’arrière-pays varois et sur la Côte d’Azur, ces chiffres ne sont pas qu’une fierté institutionnelle — ils traduisent une dynamique de marché à saisir dès maintenant.
Sommaire
- Un bilan 2025 qui redessine la carte du tourisme varois
- Taxe de séjour 2026 : ce que les propriétaires doivent savoir
- Œnotourisme et international : les deux moteurs de croissance affichés
- Ce que ces chiffres changent pour les propriétaires LCD de la région
- Stratégie concrète : positionner son bien pour capter la dynamique 2026
Un bilan 2025 qui redessine la carte du tourisme varois
7,77 millions de nuitées : un résultat historique pour la DPVa
L’agglomération dracénoise n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit quand on parle de tourisme en PACA. Et pourtant : avec 7,77 millions de nuitées comptabilisées sur l’exercice 2025, la Dracénie Provence Verdon agglomération s’impose comme un territoire touristique structuré, capable d’attirer des flux comparables à certaines stations balnéaires plus médiatisées. Ce résultat dépasse les projections initiales de l’office de tourisme intercommunal, qui tablait sur 7,5 millions.
Ce volume place la DPVa dans le peloton de tête des territoires varois hors littoral. Pour mémoire, l’INSEE estime que le Var capte environ 15 % des nuitées touristiques de la région PACA, avec une concentration historique sur le littoral entre Saint-Tropez et Toulon. La percée de l’arrière-pays, dont Draguignan est la ville-centre, modifie progressivement cet équilibre.
La taxe de séjour comme baromètre de la professionnalisation
Les recettes de taxe de séjour sont un indicateur plus fin que le simple volume de nuitées : elles révèlent la part de l’hébergement déclaré et la qualité moyenne des séjours. Atteindre 2 millions d’euros en 2026 supposerait une progression d’environ 8 % par rapport au niveau estimé pour 2025. Un objectif ambitieux, mais cohérent avec la tendance nationale de renforcement des contrôles sur la collecte et le reversement de cette taxe par les plateformes.
Depuis 2020, Airbnb et Booking.com collectent et reversent automatiquement la taxe de séjour pour le compte des hôtes dans les communes françaises qui en font la demande. Cette automatisation a mécaniquement augmenté les taux de conformité. Pour les propriétaires, cela signifie aussi que les recettes fiscales communales sont désormais directement corrélées à leur activité déclarée — un levier politique qui favorise les hôtes en règle vis-à-vis des collectivités.
Taxe de séjour 2026 : ce que les propriétaires doivent savoir
Comment la taxe de séjour est-elle calculée et qui la collecte ?
La taxe de séjour est due par les personnes qui ne domicilient pas leur résidence dans la commune et qui y séjournent dans un hébergement touristique à titre onéreux. Son montant varie selon la catégorie d’hébergement et la politique tarifaire de la commune. En 2026, le barème national fixé par l’article L. 2333-26 du Code général des collectivités territoriales permet aux communes de moduler les taux entre un plancher et un plafond définis par décret.
Pour les meublés de tourisme non classés — la catégorie qui regroupe la majorité des appartements et maisons proposés sur Airbnb sans classement officiel — la taxe est calculée sur la base d’un pourcentage du coût par personne et par nuit, plafonné à un montant fixé annuellement. Les plateformes comme Airbnb ou Abritel collectent et reversent automatiquement cette taxe dans les communes qui ont adhéré au système de collecte déléguée, conformément aux dispositions de la réglementation sur la taxe de séjour détaillée par Service-Public.fr.
L’enjeu de la déclaration pour les propriétaires hors plateforme
Si vous louez en direct ou via des canaux qui ne collectent pas automatiquement la taxe, vous restez personnellement redevable de la collecte et du reversement à la commune. Les contrôles se sont intensifiés depuis 2024, notamment dans les communes ayant instauré l’obligation d’enregistrement. La DPVa compte plusieurs communes concernées par ces dispositifs, et le renforcement des recettes de taxe de séjour observé en 2025 témoigne en partie d’une meilleure conformité des opérateurs locaux.
Pour les propriétaires de la région niçoise qui s’interrogent sur les règles d’enregistrement, notre guide sur le l’enregistrement en mairie obligatoire avant de louer détaille les démarches à suivre — des règles qui s’appliquent par analogie à de nombreuses communes varoises en zone tendue.
Œnotourisme et international : les deux moteurs de croissance affichés
Le pari de l’œnotourisme varois
La stratégie dévoilée lors de la réunion du Château des Preyres place l’œnotourisme au cœur du positionnement de la DPVa pour 2026. Le vignoble des Côtes-de-Provence, qui traverse le territoire dracénois, constitue un atout différenciant face au tourisme balnéaire de masse. Les domaines viticoles qui proposent des hébergements à la propriété (gîtes, chambres d’hôtes) représentent un segment premium : les tarifs par nuit y sont sensiblement plus élevés que la moyenne varoise, et le profil de clientèle — couples ou groupes d’adultes, séjours de 3 à 5 nuits — génère des revenus stables sur la saison intermédiaire (avril-juin et septembre-octobre).
Pour les propriétaires de biens situés à proximité des zones viticoles, cette orientation stratégique de l’office de tourisme intercommunal crée un effet de halo : les campagnes de promotion ciblant les amateurs d’œnotourisme augmentent la visibilité globale du territoire, y compris pour des hébergements qui ne sont pas directement liés à la filière viticole.
Le marketing international comme accélérateur de revenus
L’autre axe annoncé est le développement du marketing à destination des clientèles européennes — Allemagne, Royaume-Uni, Benelux — qui représentent historiquement les marchés émetteurs les plus solides pour la région PACA hors tourisme parisien. Selon les données publiées par l’INSEE sur la fréquentation touristique en PACA, les nuitées étrangères dans le Var ont progressé de 12 % entre 2022 et 2024, tirées principalement par les marchés nord-européens.
Cette clientèle présente des caractéristiques favorables pour les propriétaires en location courte durée : réservations anticipées (souvent 3 à 6 mois à l’avance), séjours plus longs (7 à 14 nuits), et sensibilité moindre aux fluctuations tarifaires en haute saison. Adapter sa stratégie de prix pour capter cette demande — notamment via des tarifs dégressifs sur les séjours longs et une présence sur les plateformes internationales — peut sensiblement améliorer le taux d’occupation en mai et septembre.
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Ce que ces chiffres changent pour les propriétaires LCD de la région
Un effet d’entraînement sur les prix du marché
Quand un territoire touristique affiche des records de fréquentation et annonce des objectifs à la hausse, cela influe directement sur les valeurs de marché. Les propriétaires de la Côte d’Azur et du Var intérieur bénéficient d’un contexte favorable : la demande touristique régionale continue de progresser, les alternatives à l’hôtellerie classique séduisent une part croissante des voyageurs, et la raréfaction des offres de qualité dans certaines micro-destinations crée des tensions tarifaires à la hausse.
Pour situer votre bien dans ce contexte, notre analyse des prix par nuit à Nice en 2026 donne un référentiel utile. Les propriétaires de l’arrière-pays varois peuvent s’attendre à des niveaux de prix inférieurs à ceux de Nice ou Cannes, mais avec des coûts d’exploitation moindres et une saisonnalité plus étalée grâce au tourisme vert et à l’œnotourisme.
La réglementation : anticiper les contraintes 2026
La dynamique de professionnalisation du secteur s’accompagne d’un renforcement du cadre réglementaire. La loi Le Meur de 2024 a introduit plusieurs dispositions qui modifient l’environnement des hôtes en location courte durée : renforcement des pouvoirs des communes pour contingenter les meublés touristiques, obligation de formation pour les nouveaux entrants dans certaines configurations, et extension des règles de copropriété. Ces évolutions s’appliquent progressivement sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les communes de la DPVa.
Les propriétaires qui souhaitent sécuriser leur activité doivent également vérifier leur situation au regard du régime fiscal applicable. Le régime micro-BIC et LMNP en 2026 a connu des ajustements significatifs qui impactent directement la rentabilité nette après impôt — un point à examiner avant de fixer ses objectifs de revenus pour la saison.
Stratégie concrète : positionner son bien pour capter la dynamique 2026
Travailler la saisonnalité élargie
L’un des enseignements du bilan 2025 de la DPVa est la progression des nuitées hors juillet-août. L’arrière-pays varois profite d’une météo favorable de mars à novembre, d’une offre culturelle et patrimoniale (le Var compte plus de 90 villages classés ou labellisés) et d’une proximité avec les gorges du Verdon — premier site touristique intérieur de PACA. Pour les propriétaires, cela signifie qu’un bon positionnement tarifaire sur mai, juin, septembre et octobre peut faire passer un taux d’occupation annuel de 55 % à 70 %, avec un impact direct sur la rentabilité.
Les outils de gestion dynamique des prix (Pricelabs, Beyond, Wheelhouse) permettent d’ajuster automatiquement les tarifs en fonction des événements locaux, de la pression de la demande et des stratégies de la concurrence. Leur adoption reste limitée chez les propriétaires amateurs mais constitue un avantage compétitif réel dans un marché où l’offre se professionnalise.
La conformité réglementaire comme argument commercial
Dans un contexte où les contrôles se renforcent et où les voyageurs sont de plus en plus sensibles aux questions de conformité, afficher un numéro d’enregistrement, un classement officiel et une collecte transparente de la taxe de séjour n’est plus seulement une obligation légale — c’est un signal de confiance. Les communes en zone tendue soumises aux règles renforcées 2026 imposent par ailleurs des conditions supplémentaires que tout propriétaire doit anticiper pour éviter une mise en demeure en cours de saison.
La transparence sur les conditions de la location — annulation, ménage, dépôt de garantie — et la réactivité dans la communication avec les voyageurs sont également des facteurs qui améliorent le classement algorithmique sur les plateformes, et donc la visibilité face à une concurrence croissante.
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À retenir
- Vérifiez que la taxe de séjour est bien collectée et reversée pour vos réservations hors plateforme — les contrôles communaux s’intensifient en 2026.
- Intégrez la saisonnalité élargie dans votre stratégie tarifaire : mai, juin et septembre offrent un potentiel sous-exploité dans l’arrière-pays varois.
- Anticipez les obligations issues de la loi Le Meur (numéro d’enregistrement, règles de copropriété, quota communal) avant le démarrage de la saison.
- Vérifiez votre régime fiscal LMNP/micro-BIC au regard des évolutions 2026 pour optimiser votre rentabilité nette.
Cette analyse ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal ; consultez un professionnel pour votre situation personnelle. Les données de fréquentation mentionnées sont issues des communications officielles de la DPVa et de l’observatoire du tourisme d’Atout France.
