Aller au contenu

Airbnb transmet vos revenus au fisc : devez-vous déclarer ?

Airbnb transmet vos revenus au fisc via DAC7 depuis 2024. Cette transmission ne vous dispense pas de déclarer. Le point pour les loueurs niçois en 2026.

Airbnb transmet vos revenus au fisc : devez-vous déclarer ?

Votre annonce à Nice a rapporté cette année ? Le fisc le sait déjà — Airbnb le lui a dit. Depuis 2024, les plateformes transmettent automatiquement vos revenus locatifs à l’administration fiscale. Mais attention au faux réflexe : cette transmission ne vous dispense pas de déclarer vous-même. Voici ce qu’un loueur niçois doit vraiment faire en 2026.

Table avec un ordinateur affichant une annonce de location courte durée et un courrier de l'administration fiscale, toits de Nice en arrière-plan
Depuis 2024, les plateformes de location transmettent automatiquement vos revenus au fisc — mais la déclaration reste votre responsabilité.

Ce qu’Airbnb transmet réellement au fisc

Le mécanisme s’appelle DAC7. C’est une directive européenne, transposée en France par la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021. Elle oblige toutes les plateformes — Airbnb, Booking, Abritel — à communiquer chaque année au fisc les revenus de leurs hôtes (voir le dossier économie collaborative de la DGFiP).

Concrètement, la plateforme fait deux choses. Elle vous envoie en janvier un récapitulatif des sommes encaissées l’année précédente. Et elle transmet les mêmes chiffres à la Direction générale des finances publiques.

L’échange ne s’arrête pas aux frontières. Les administrations des États membres se partagent l’information selon le pays de résidence du loueur et selon le pays où se situe le logement loué. Un bien à Nice loué par un non-résident reste donc visible du fisc français.

2024 — première année d’application effective de DAC7. Vos revenus 2023 ont été les premiers transmis.

Le piège : transmission ne vaut pas déclaration

C’est l’erreur la plus fréquente. Beaucoup de propriétaires pensent : « la plateforme a déjà tout envoyé, je n’ai rien à faire. » C’est faux.

L’administration fiscale est claire sur ce point : le dispositif DAC7 ne modifie pas le régime fiscal existant. Il ne crée pas de déclaration automatique à votre place. Il donne juste au fisc un moyen de vérifier ce que vous déclarez.

Autrement dit : la transmission Airbnb est un outil de contrôle, pas de déclaration. Vous restez seul responsable de porter vos revenus locatifs sur votre déclaration annuelle. Les montants pré-remplis, quand ils apparaissent, doivent être vérifiés — pas acceptés les yeux fermés.

Ce que vous devez déclarer, et sous quel régime

Les revenus d’une location meublée — ce qu’est une location courte durée type Airbnb — relèvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), pas des revenus fonciers. Ils se déclarent via le formulaire 2042-C-PRO.

Deux régimes existent, et les seuils ont changé avec la loi Le Meur :

  • Meublé de tourisme non classé : régime micro-BIC jusqu’à 15 000 € de recettes, avec un abattement forfaitaire de 30 %.
  • Meublé de tourisme classé : régime micro-BIC jusqu’à 77 700 €, avec un abattement de 50 %.

Au-delà de ces seuils — ou si c’est plus avantageux — c’est le régime réel qui s’applique. Il permet de déduire les charges réelles et l’amortissement du bien.

15 000 € / 77 700 € — les nouveaux plafonds micro-BIC 2026 selon que votre meublé est classé ou non. Le classement change tout.

Attention à ne pas confondre cette déclaration de revenus avec une autre obligation niçoise : la taxe de séjour, qu’Airbnb collecte à votre place mais que vous devez parfois encore télédéclarer. Ce sont deux impôts distincts — nous l’expliquons dans notre article dédié à la taxe de séjour à Nice.

Le fisc dispose désormais de vos chiffres exacts : l’écart avec ce que vous déclarez se voit immédiatement.

Les risques si vous ne déclarez rien

Ignorer la déclaration en pensant être « couvert » par la transmission Airbnb est un pari perdant. Le fisc dispose désormais de vos chiffres exacts. L’écart entre ce qu’il sait et ce que vous déclarez saute aux yeux.

Les sanctions sont graduées :

  • 10 % de majoration en cas d’oubli ou de retard simple.
  • 40 % en cas de manquement délibéré.
  • 80 % en cas d’activité occulte non déclarée.

À cela s’ajoutent des intérêts de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an. Sur plusieurs années de loyers non déclarés, l’addition grimpe vite.

À Nice, un point de vigilance en plus

Main tenant une enveloppe de l'administration fiscale, Promenade des Anglais à Nice en arrière-plan
À Nice, enregistrement, déclaration de revenus et taxe de séjour sont désormais reliés.

La déclaration fiscale n’est pas le seul contrôle qui pèse sur les loueurs niçois. Depuis la loi Le Meur, tout meublé de tourisme doit disposer d’un numéro d’enregistrement à 13 caractères, à afficher sur l’annonce.

Ce numéro relie votre bien à la mairie, qui croise ses fichiers avec ceux du fisc. À Nice, où la Métropole a voté un plafond d’autorisations et un encadrement renforcé, un logement qui loue sans être en règle cumule deux expositions : fiscale et administrative.

La conformité n’est donc plus une case à cocher isolée. Enregistrement, déclaration de revenus, taxe de séjour : les trois sont désormais reliés, et un maillon manquant fragilise tout l’édifice.

À retenir

  • Airbnb transmet vos revenus au fisc via DAC7 depuis 2024 — c’est automatique et vous ne pouvez pas l’empêcher.
  • Cette transmission ne vous dispense pas de déclarer vous-même vos revenus locatifs.
  • Location meublée = régime BIC, seuils micro-BIC de 15 000 € (non classé) ou 77 700 € (classé) en 2026.
  • Ne rien déclarer expose à des majorations de 10 % à 80 %, plus intérêts de retard.
  • À Nice, la déclaration s’ajoute au numéro d’enregistrement 13 caractères et à la taxe de séjour.

Vous n’êtes pas sûr d’être en règle sur les trois fronts ? Faites le point avec notre diagnostic de conformité LCD Nice en 6 questions, ou contactez Locazurcasa pour un état des lieux de votre situation.

Cet article a une vocation d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles fiscales évoluent ; vérifiez toujours votre situation auprès de impots.gouv.fr ou d’un professionnel du chiffre.

FAQ · 6 questionsLes questions les plus posées

Schema FAQ activé · indexation Google
Faut-il un numéro d enregistrement pour louer sa résidence principale ?
Oui. Depuis la Loi Le Meur du 19 novembre 2024, toute mise en location en meublé de tourisme — y compris une résidence principale — est conditionnée à un enregistrement préalable en mairie, sous peine d amende administrative.
Combien de temps prend la déclaration en mairie ?
Moins de 10 minutes via le téléservice automatisé pour les communes équipées. Le numéro d enregistrement est délivré immédiatement ou sous 8 jours selon la mairie.
Quelle est l amende en cas d absence de numéro sur l annonce ?
L article L.324-1-1 du Code du tourisme prévoit jusqu à 5 000 € d amende par logement non déclaré, et les plateformes peuvent retirer l annonce sous 7 jours en cas de non-conformité.
Le quota de 120 nuits s applique-t-il à toutes les communes ?
Le plafond de 120 nuits par an concerne les résidences principales en zone tendue. Hors zone tendue, ce plafond est généralement de 120 jours mais peut varier selon les arrêtés municipaux.
Que se passe-t-il si je dépasse le quota ?
Au-delà du quota, le logement bascule en résidence secondaire au sens fiscal, ce qui impose une autorisation de changement d usage et le respect de règles supplémentaires (compensation, taxe de séjour, déclaration fiscale).
Les plateformes vérifient-elles le numéro d enregistrement ?
Oui. Depuis avril 2026, Airbnb, Booking, Abritel et les autres plateformes doivent vérifier le numéro à 13 chiffres au moment de la publication et transmettre les données de location aux administrations.

Continuez votre lectureSur le même sujet

Toute la rubrique →
Newsletter

L'Essentiel, chaque mardi.

Actus réglementaires, jurisprudences, optimisations LCD. Sans publicité. 4 minutes de lecture.

Désinscription en 1 clic. RGPD-compliant.